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GLORIA ET PETULA, LES REINES DU TRICOT

Auteur de recits


Récit écrit par Julia ABADI.
Auteur femme.



histoire publiée le 30-04-2013
Catégorie :Contes et histoires pour enfants
Histoire 8424-j620

Titre : GLORIA ET PETULA, LES REINES DU TRICOT

Conte pour enfant  Animaux 
 
 

GLORIA ET PETULA, LES REINES DU TRICOT



Depuis leur évasion spectaculaire du marché(1), les deux sœurs oies, Gloria et Pétula ne sortaient jamais du jardin, elles redoutaient de mettre le bec dehors.
Pourtant, une fois par semaine, elles faisaient une exception pour se rendre jusqu'au bibliobus, se fournir en magazines de mode.
Betty la lapine ou Cathy la chatte, habituées assidues du bibliobus avaient souvent proposé de leur ramener les magazines mais elles avaient toujours refusé. Elles tenaient à les choisir elles-mêmes.
Donc, aujourd'hui, elles avaient mis leur beau chapeau en paille joliment noués autour du cou à l'aide de rubans verts en soie et par coquetterie, elles avaient épinglé une rose odorante , un gilet de tricot vert pistache sur une robe rose fuchsia, des gants et un sac à main assortis (tout avait été tricoté par les deux sœurs). Elles aimaient s'habiller pareillement.
Les passants pensaient qu'elles étaient jumelles, ce qui les amusait beaucoup.
C'est ainsi qu'aujourd'hui, jour du bibliobus, elles revenaient d'un pas rapide, chargées de magazines vers le jardin lorsqu'une limousine blanche les dépassa et s'arrêta presque à la hauteur de notre portail. Le chauffeur, un bouc racé d'un certain âge sortit d'un bon du véhicule et s'avança vers les deux sœurs. Il était stylé avec sa livrée noire impeccable, la barbe bien coupée, il fleurait une eau de toilette de qualité. Qui pouvait-il être ? Que leur voulait-il ?
Le bouc les salua respectueusement tout en soulevant sa casquette.
- Mesdames !
- Mesdemoiselles répondit Gloria sèchement.
- Mesdemoiselles, reprit-il, ma patronne qui est dans la limousine voudrait vous parler. Pouvez-vous monter un instant dans la voiture, s'il vous plait ?
Prises de panique, les deux oies se serrèrent l'une contre l'autre. Elles étaient orphelines, elles ne connaissaient personne ni dans le village, ni ailleurs. Leurs seuls amis étaient ceux du "Jardin du Paradis"(2). Pourquoi cette nantie en limousine voudrait-elle leur parler ?
Pétula tremblante se pencha vers sa sœur :
- Elle veut peut-être nous enlever.
Gloria sentit son sang se retirer de son corps. Elle se rappelait l'épisode dramatique et leur fuite du marché. Sans réfléchir davantage, elle lâcha les magazines, empoigna Pétula par une aile et détala en entrainant sa sœur. Elles hurlèrent à tue-tête :
- Au secours ! Au secours ! On veut nous enlever !
Le chauffeur fort étonné de leur réaction, retourna à la voiture pour en informer sa patronne.
C'est à ce moment-là que Victor, un beauceron, "le chien à tout faire" de Marc le vétérinaire, notre voisin, sortit sur le pas de la porte avec l'intention de nettoyer le trottoir au jet d'eau. Il vit les deux oies se précipitaient vers lui en criant comme si elles étaient poursuivies par le diable.
Il constata qu'une voiture était garée près de notre portail et que le chauffeur parlait par la vitre arrière teintée à quelqu'un qui l'avait abaissée de l'intérieur.
Les deux sœurs essoufflées et rouges d'avoir criées et fournies un gros effort en courant se précipitèrent dans le jardin du vétérinaire.
A la vue des deux oies affolées, Victor bondit vers le chauffeur pour demander des explications. Il retroussait déjà ses babines laissant apparaître ses canines pointues et s'apprêtait à attaquer lorsqu'une voix chantante provenant de l'intérieur du véhicule l'interpella !
- Je suis désolée d'avoir fait peur à ces deux oies, ce n'était pas mon intention. Je me présente, je m'appelle Giorgina d'Armani, je suis créatrice de mode. J'habite à la Capitale, je suis de passage dans votre village pour affaires. J'ai aperçu ces deux charmantes demoiselles et je voulais savoir qui les habille d'une si élégante façon ?
Victor scrutait avec fascination la créature assise dans la limousine. C'était une chèvre au pelage blanc immaculé, majestueuse, pleine de grâce, qui le fixait de ses immenses yeux noisette bordés de longs cils noirs recourbés. Elle portait un magnifique manteau en cuir bleu-cobalt qui lui allait à merveille. Confortablement enfoncée dans la banquette, elle croisait ses pattes arrières au bout desquelles brillaient deux sabots teints en bleu et admirablement lustrés. Les deux sabots des pattes avant, eux élégamment cachés par des moufles en peau assorties au manteau.
C'était la première fois de sa vie qu'il voyait une chèvre si bien habillée. Au château Dulac, chez le comte où il avait été chef de meute, avant de trouver cette place bien plus honorable et valorisante chez le vétérinaire, il en avait connu des chèvres mais elles ne prenaient absolument pas soin d'elles. Elles sentaient mauvais et bêlaient toute la journée pour un oui ou pour un non. Elles ne savaient pas s'exprimer comme cette madame… comment déjà ? Giorgina d'Armonia ? Comme quoi, pensait-il l'éducation cela compte dans la vie !
Victor sous le charme retrouva enfin la parole :
- Je vous demande d'excuser mes deux amies, bredouilla-t-il, elles n'ont pas l'habitude d'être interpellées dans la rue, elles sont très peureuses. Je ne voudrais pas dire de bêtise mais je pense que ce sont elles-mêmes qui tricotent leurs vêtements. Elles ont appris le tricot et le crochet à Clémence, ma compagne.
La chèvre eut un air si agréablement étonné de savoir que les deux oies fabriquaient leurs propres vêtements et accessoires qu'elle en laissa choir ses lunettes de soleil avec lesquelles elle jouait tout en parlant.
- C'est vraiment intéressant d'être tombé par hasard sur vos deux amies minauda-t-elle, ce qui provoqua un tremblement de sa barbichette et découvrit de belles dents blanches bien alignées. Victor était subjugué !
Il sourit en retour à cette madame Giorgina mais ne comprenait pas vraiment pourquoi elle se disait intéresser.
Gloria et Pétula toujours apeurées, jetaient en alternance, un coup d'œil rapide dans la rue en passant rapidement la tête par le portail de Marc le vétérinaire. Elles se demandaient ce que pouvaient se dire Victor et l'occupante de la limousine.
Victor les ayant aperçues, leur fit signe de les rejoindre. Les oies échangèrent un regard surpris mais confiantes grâce à la présence de Victor s'avancèrent côte à côte, à petits pas chaloupés, un brin hésitants vers le chien de garde.
- N'ayez pas peur ! Venez ! Je vous présente madame Giorgina d'Armani, une grande styliste de mode qui est très intéressée par les vêtements que vous portez.
- Bonjour madame ! dirent ensemble les deux sœurs, Gloria et Pétula, en apercevant la chèvre par la portière.
- Bonjour Mesdemoiselles ! Je serais honorée si vous pouviez m'accorder un entretien de quelques minutes.
Le chauffeur ouvrait déjà la portière. Les oies eurent un mouvement de recul. Elles n'étaient jamais montées dans une voiture et sûrement pas dans une limousine.
Victor sentant l'appréhension de ses deux amies se proposa de rester auprès d'elles.
Une fois installés sur la banquette, face à cette élégante chèvre, les deux sœurs ne pouvaient s'empêcher de détailler le décor intérieur. Gloria effleurait du bout de son aile le siège en cuir. Elle n'arrivait pas à en déterminer la couleur exacte, caramel peut-être ? Elle apprécia aussi le confort de l'aménagement haut de gamme tandis que Pétula était fascinée par la porte automatique du minibar que Giorgina d'Armani actionnait pour offrir du champagne à ses invités. Victor, assis en retrait se faisait tout petit, lui aussi, impressionnait par le luxe démesuré de cette limousine.
- C'est sûr que cela change du vieux tacot de mon patron se disait-il mais c'est sûr aussi que la limousine ne serait pas adaptée pour faire ses visites dans les fermes avoisinantes.
La chèvre tendit les verres remplis de champagne et leur présenta un serviteur muet qui croulait sous des petits fours appétissants.
- Mesdemoiselles, je vais aller droit au but. Je vous propose de travailler pour mon atelier de couture. Je suis très impressionnée par votre travail au tricot, autant par le modèle que par les couleurs ainsi que par les accessoires qui complètement merveilleusement votre tenue. Est-ce bien là votre propre travail ?
- Mais bien sûr ! répondirent les deux sœurs en cœur, nous n'avons toujours porté que nos propres modèles.
- Je dois avouer, continua la chèvre que vous avez un instinct et un goût sûr qui m'intéresse pour mes prochaines collections .
Gloria et Pétula se sentirent rougir de plaisir, surtout en pensant que le compliment venait d'une professionnelle de la mode.
- Madame, nous vous sommes reconnaissantes de reconnaître notre travail comme étant de bonne qualité répliqua joyeusement Gloria.
Pétula, elle, savourait le champagne, elle ne participait pas à la conversation, elle se sentait légère comme transportait ailleurs. Sa sœur s'en aperçut. Elle lui donna un coup d'aile discret et lui fit les gros yeux pour l'inciter à se ressaisir. Gloria se tourna ensuite vers la chèvre qui attendait patiemment la réponse.
- Votre proposition est très alléchante mais nous serons intransigeantes sur un point bien précis, se dépêcha d'avertir Gloria. Nous …
- Si c'est à propos de la rémunération, la coupa Giorgina d'Armani, je vous propose un excellent salaire que vous ne pourrez pas refuser.
- Non, madame Giorgina ! s'exclama-t-elle, c'est à propos du logement. Il n'est pas question de venir nous installer à la Capitale. Nous sommes trop bien au "Jardin du Paradis"(2).
La chèvre soupira de soulagement.
- Le jardin du Paradis ! Bien sûr, vous resterez chez vous puisque c'est ici que vous avez l'inspiration. J'enverrai une limousine pour venir récupérer les nouveaux modèles que vous confectionnerez. Et puis, nous communiquerons par téléphone, par mail et par Skype. Il faut savoir profiter du modernisme n'est-ce pas ! dit-elle en secouant son portable sous le nez de Gloria.
La chèvre tendit à chacune des sœurs, une carte de visite. L'entretien était terminé. Les oies et le chien s'apprêtaient à sortir de la limousine après "avoir serré le sabot" ganté de la chèvre.
Le chauffeur leur ouvrit la porte avec déférence et à chacune des oies dit :
- Mademoiselle ! Veuillez faire attention en descendant ! tout en effectuant une courbette et en saluant avec sa casquette. Puis vint le tour de Victor.
- Monsieur ! dit le bouc, merci de votre visite.
Le chauffeur referma la portière, fit rapidement le tour de la limousine et démarra aussitôt laissant sur le trottoir, le chien et les deux oies complètement éberlués par cette rencontre. Ils restèrent sans bouger pendant un moment à regarder la voiture s'éloigner.
Gloria, la première, reprit ses esprits.
- C'est incroyable cette rencontre ! Cela s'est passé si vite que je me demande si je n'ai pas rêvé.
- Eh bien non, ma sœur répondit Pétula, tu n'as pas rêvé parce que moi aussi j'y étais dans cette voiture, hoqueta-t-elle. Pardon ! dit-elle en se rabattant l'aile devant le bec. Ce sont les bulles qui remontent. Et Victor aussi y était. Pas vrai, Victor ?
Victor plus pragmatique répondit :
- Regardez ! c'est bien sa carte que vous avez sous les yeux. Je suis très content pour vous deux. Cela s'appelle avoir une chance inouïe continua-t-il. Quand je vais raconter cette rencontre à Clémence, elle va croire à une blague et pourtant…

Quelques jours plus tard, une invitation pour les deux sœurs, Gloria et Pétula arriva au "Jardin du Paradis".
INVITATION POUR LE DEFILE DE MODE
DE Mlle GIORGINA D'ARMANI
- Printemps 2013 –
Dans les salons du célèbre Hôtel
"LES QUATRE PIVOINES"
Le samedi … … à 18 heures
Cocktail à 20 heures - Réservation pour une nuit
Mesdemoiselles GLORIA et PETULA

Gloria sortit du poulailler en brandissant l'invitation, elle vit sa sœur Pétula dans l'allée en conversation avec Betty la lapine.
- Pétula ! vite ! cria-t-elle, préparons nos valises, nous sommes invitées dans deux jours pour le défilé de mode de Giorgina d'Armani à la Capitale.
Folle de joie, l'oie courut au devant de sa sœur.
- Qu'allons-nous porter pour cet évènement extraordinaire ? demanda Pétula toute excitée.
- Allons choisir dès maintenant nos toilettes. Il en faudra une pour le voyage, une pour le défilé et une autre pour le cocktail.
Les deux oies émoustillées, coururent en papotant jusqu'au poulailler. Les poussins et les poules attiraient par le remue ménage se bousculèrent pour avoir la meilleure place derrière la vitre de l'unique fenêtre. Ils ouvrirent de grands yeux amusés, certains pouffèrent de rire à la vue de l'étrange spectacle. Gloria et Pétula essayaient frénétiquement une à une leurs toilettes qu'elles lançaient ensuite suivant leur choix, à gauche ou à droite de leur couche.
- Celle-ci…pour le cocktail ! celle-là… non ! celle-ci…pour le voyage ! … non … oui …
Deux heures après, les deux oies épuisées par l'essayage de leur garde-robe s'écroulèrent sur leur lit. Elles étaient enfin prêtes pour partir au défilé de mode à la Capitale, mais cela, c'est une autre histoire !


(1) - 2e chapitre du livre 4 du "Jardin du Paradis" Gloria et Pétula : Les évadées du marché.
(2) – "LE JARDIN DU PARADIS" Titre du recueil de nouvelles sur les animaux dans mon jardin.




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