Rencontrez, discutez et faites connaissance sur Des Histoires...
...
ESPACE AUTEUR (pas encore inscrit)
 
mémoriser     [Mot de passe perdu ?]
écrire une histoire Ecrire une histoire
Faites connaitre ce site :
 

LA FILLE DES QUATRENOIX

Auteur de recits


Récit écrit par Julia ABADI.
Auteur femme.



histoire publiée le 26-03-2013
Catégorie :Contes et histoires pour enfants
Histoire 8407-j616

Titre : LA FILLE DES QUATRENOIX

Conte pour enfant  Comédie  Burlesque 
 
 

LA FILLE DES QUATRENOIX


LA FILLE DES QUATRENOIX

A la naissance du quatrième enfant de monsieur et madame Quatrenoix cela étonna bien des villageois que cet innocent nourrisson soit affublé d'un tel prénom.
Clémentine, la bonne du curé faisait son marché lorsqu'elle apprit de la bouche même du frère ainé, Patrick qui sortait de la pharmacie que ses parents avaient décidé du nom de sa petite sœur en cinq minutes, fatigués semblait-il d'avoir eu à trouver les prénoms précédents.
- Pourquoi tes parents ont-ils appelés ta petite sœur de ce prénom bizarre ? demanda Clémentine outrée. Ce n'est pas un nom pour une chrétienne !
Patrick répondit en haussant les épaules :
- Moi aussi, j'ai été étonné par le choix du prénom mais après tout ce n'est pas mon problème.
Clémentine sentit une bouffée de chaleur lui montait jusqu'à la racine des cheveux.
- Tu t'imagines que monsieur le curé va pouvoir la baptiser avec un prénom pareil ? Pourquoi pas cornichon ou courgette ? Vraiment, tes parents sont un peu zinzins. Tu pourras le leur dire de ma part s'excita la bonne du curé.
Patrick n'osa pas répondre mais afficha un sourire narquois avant de s'enfuir entre les stands des commerçants du marché.
Clémentine ne lui en voulut pas personnellement, elle comprenait qu'un petit garçon de treize ans ne pouvait pas argumenter au sujet du prénom de sa petite sœur, d'ailleurs ses parents ne lui avaient sûrement jamais demandé son avis sur quoi que ce soit.
Revenue au presbitaire, Clémentine agacée jeta son panier rempli de légumes sur la table de la cuisine. Les tomates et les oignons roulèrent hors du panier et les champignons s'échappèrent par petits bonds pour s'arrêter contre le vase garni d'iris du jardin qui trônait au milieu de la table, mais les légumes éparpillés n'étaient pas le principal souci de Clémentine.
Elle entendit les pas de monsieur le curé dans l'escalier. Sans lui laisser le temps de descendre, elle l'interpella :
- Ah ! Vous voilà ! Monsieur le curé, savez-vous de quel prénom monsieur et madame Quatrenoix ont affublé leur dernière née ?
- Non ! Pourquoi vous mettez-vous dans cet état dit-il à sa bonne qui l'attendait au bas de l'escalier, le visage écarlate, le sourire crispé et les bras croisés sur sa forte poitrine. Cela ne doit pas être si terrible !
- Pas si terrible ? riposta Clémentine. Quand je vais vous dire le prénom vous allez être bien étonné. J'ai déjà averti le fils ainé des Quatrenoix que vous ne pourriez pas la baptiser puisque ce n'est pas un prénom de chrétien continua Clémentine sur sa lancée.
Monsieur le curé s'arrêta net sur la dernière marche.
- Comment ? Mais qu'est-ce qu'il vous arrive Clémentine ? Vraiment, je ne vous comprends plus. Vous prenez des décisions à ma place alors que cela ne vous regarde nullement. Combien de fois dois-je vous dire de ne vous occuper que de l'intendance du presbitaire et de ne pas déborder sur mon travail.
Clémentine boudeuse répondit :
- Bien ! Bien ! A la place de me remercier, vous me gronder. Je sais bien que vous ne pourrez pas la baptiser cette pauvre petite.
- Ecartez-vous ! Laissez-moi passer ! reprit le curé, tout en forçant le barrage que formait le corps dodu de la bonne.
- Monsieur le curé, vous ne devinerez jamais le prénom choisi. Je vous le donne en mille !
- Oh ! Cela suffit ! Laissez-moi tranquille répondit le curé, lassé par cette conversation.
- N.o.i.s.e.t.t.e épela bien distinctement Clémentine.
- Quoi, noisette ? interrogea le curé étonné. Il pensait que Clémentine divaguait. Pour quelle raison me parlez-vous de noisettes. Vous avez oublié d'en acheter au marché peut-être, de toute façon ce n'est pas la saison.
- Non, monsieur le curé. Si je vous dis noisette, c'est que c'est Noisette !
- Vous avez l'air perturbé, aujourd'hui, Clémentine. Servez-moi du café, je dois me rendre à l'église pour préparer le baptême de cette petite Quatrenoix pour ce dimanche.
- Elle s'appelle Noisette, monsieur le curé.
- Noi… Noisette ? finit par répéter le curé. Vous voulez rire j'espère , ricana-t-il.
- Ben non ! C'est son prénom. Clémentine jubilait de voir la mine abasourdie du curé.
- Ah ! Mais cela ne va pas du tout. Je ne peux pas permettre qu'un innocent angelot s'appelle Noisette. Les parents ne se rendent-ils pas compte qu'ils ridiculisent leur enfant pour la vie ? Je dois les rencontrer au plus vite. Oubliez le café. Je file de ce pas chez les Quatrenoix.
Au passage, dans l'entrée, il prit sa canne car aujourd'hui il trainait la jambe. Ses rhumatismes le faisaient souffrir. Il traversa la place du marché sans se laisser distraire par le ballet bien orchestré des commerçants qui remballaient leurs marchandises et se dirigea directement chez les Quatrenoix.
Madame Quatrenoix ouvrit la porte, des jumeaux, fille et garçon de cinq ans accrochés à sa jupe, tenant le bébé d'un mois dans les bras. Elle remarqua que le curé avait la figure sévère cependant elle se contenta de bien accueillir le représentant du Bon Dieu.
- Les enfants s'exclama-t-elle, aller jouer dans votre chambre.
- Bonjour, monsieur le curé. Entrez, venez vous asseoir dans la cuisine, je suis entrain de préparer le biberon de la petite.
Une fois installé, le curé demanda rapidement des nouvelles de la famille et de la dernière née puis se racla la gorge et se lança :
- Madame Quatrenoix, je me suis déplacé car je voulais vous entretenir moi-même d'un sujet qui me tient à cœur.
Madame Quatrenoix s'inquiéta du ton solennel du curé d'habitude si avenant.
- Y aurait-il un problème pour le baptême de la petite, dimanche ? s'empressa-t-elle de demander.
- Oui et non, répliqua le curé, gêné de devoir s'immiscer dans la vie privée de cette famille. Il va y avoir un problème avec le prénom de l'enfant dit-il aimablement pour adoucir l'effet du refus de sa part d'officier la cérémonie.
Madame Quatrenoix s'arrêta net de remplir le biberon, eut un geste d'incompréhension de la tête. Elle demanda :
- Quel problème, mon père ? Je ne comprends vraiment pas pourquoi le prénom de mon enfant cause un problème pour l'église ?
- Eh bien, ma fille, seuls les prénoms non farfelus sont acceptés par l'église ?
- Mon père ! s'insurgea madame Quatrenoix, je pensais que les parents avaient le droit de choisir le prénom de leurs enfants sans que ni le clergé ni la république ne s'en mêlent.
- Oui ma fille, mais comme je vous l'ai dit, seulement lorsque le prénom que choisissent les parents ne portent pas préjudice à l'enfant. Allons ! Réfléchissez, madame Quatrenoix, votre petite fille va grandir et il faudra qu'elle aille à l'école et plus tard lorsqu'elle cherchera un travail, il ne faudra pas que son prénom soit un handicap ou un sujet permanent de plaisanterie.
Madame Quatrenoix posa précautionneusement son bébé dans le couffin qu'elle avait coincé entre deux chaises. Elle se tourna vers le prêtre avec un sourire forcé sur les lèvres.
- Monsieur le curé, je ne pense pas que le prénom que mon mari et moi-même avons choisi soit comme vous le dîtes un handicap pour notre fille.
Le curé s'agita sur la chaise et se décida à expliquer :
- Vous pensez que "Noisette" est un prénom bien approprié pour une petite fille, d'autant plus qu'en association avec votre nom de famille ce sera vraiment d'un mauvais goût et d'un ridicule ! Imaginez "Noisette Quatrenoix" !
Madame Quatrenoix se mit à rire sans retenue devant un monsieur le curé médusé par la réaction mal à propos de sa paroissienne, lui semblait-il.
Elle répéta entre deux soubresauts :
- "Noisette Quatrenoix" ! Mais monsieur le curé, vous voulez me faire croire que vous y avez cru ? Vous n'avez pas pensé que c'était une blague ?
Et elle continua à rire aux éclats. Le curé était mal à l'aise de se voir ridiculiser. Il se rebiffa :
- C'est votre fils Patrick qui l'a annoncé à Clémentine, ma bonne et à tous ceux qui voulaient l'entendre.
Madame Quatrenoix fit des efforts pour se calmer. Voyant la mine déconfite du curé, elle s'excusa aussitôt.
- Mon père je suis désolée de savoir que mon fils Patrick ait provoqué "un incident ecclésiastique" à propos du prénom de sa petite sœur. Je vais vous raconter le pourquoi de toute cette affaire, monsieur le curé dit madame Quatrenoix enjouée. Mais avant, je vous vous servir une bonne carthagène bien glacée. Cela vous tente-t-il mon père ?
- Oui, bien sûr, surtout que c'est bientôt l'heure de l'apéritif et cela me calmera peut-être les rhumatismes répondit le curé réjouit à l'idée de boire une petite rasade bien fraîche.
Madame Quatrenoix servit le prêtre, plaça la bouteille à sa portée de mains car elle connaissait "le pécher mignon" du représentant du Seigneur, enfin elle s'assit en face de lui et commença :
- Pour chacune de mes grossesses, j'ai eu des envies différentes. Vous savez, mon père, des envies de femme enceinte.
Le curé acquiesça de la tête tout en buvant le liquide ambré.
- Pour Patrick c'était une envie folle de fraises. Pour les jumeaux, Marie et Hervé, je me relevais la nuit pour me goinfrer de chips et pour la petite dernière, j'ai dévalisé le supermarché de tous ses paquets de noisettes.
Monsieur le curé venait de terminer son premier verre. Tout en écoutant madame Quatrenoix, il regardait dans la direction de la bouteille. Elle s'en aperçut et lui fit signe de se servir sans s'interrompre.
- Lorsque nous avons annoncé à Patrick que nous appellerions sa petite soeur Noëlle comme sa grand-mère paternelle, il nous a simplement répondu qu'il n'aimait pas le prénom et qu'il allait lui en choisir un bien spécial, mais je ne savais pas que c'était Noisette.
- Ah bien ! Maintenant, je comprends pourquoi il propage le nom de Noisette dit-il en finissant son deuxième verre.
Le curé s'excusa auprès de la maman de "Noisette-Noëlle" et régla les derniers détails pour le baptême de dimanche. Il se servit un dernier verre, - pour la route – expliqua-t-il en le vidant cul sec avec pour excuse qu'il ne voulait pas déranger davantage.

Arrivé au presbitaire, le cerveau légèrement embrumé par le breuvage au reflet jaune, il se dirigea directement dans la cuisine où il entendait Clémentine mettre la table.
- Clémentine ! s'écria-t-il, je n'aurais jamais du vous écouter. A cause de vous, j'ai commis une maladresse en allant m'ingérer dans les affaires d'une famille tout à fait honorable. Et vous m'avez fait perdre mon temps.
Clémentine s'approcha du curé, elle avait le don de déceler non pas les odeurs de sainteté mais les relents d'alcool.
- Vous sentez la carthagène, monsieur le curé. Je ne pense pas que vous vous soyez déplacé pour rien persifla-telle.
- Effrontée ! Comment pouvez-vous me parler de la sorte. Mais qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour avoir une bonne pareille.
- Vous avez la bonne que vous méritez, monsieur le curé. Jésus, Marie, Joseph ! Si l'évêque le savait ! continua-t-elle en faisant un grand signe de croix.
- Taisez-vous, impertinente ! répondit le curé à court d'arguments. Je veux le repas servit dans dix minutes, explosa-t-il.
- Clémentine réalisa qu'elle avait dépassé les bornes. Elle répondit avec une petite voix soumise.
- Bien, monsieur le curé ! Comme vous voudrez Elle ne put s'empêcher de demander : Dîtes-moi, monsieur le curé, vous allez la baptiser la petite "Noisette" ?
Monsieur le curé leva les yeux au ciel pour demander de l'aide à sa hiérarchie. Soudain, il fut inspiré. Il lui répondit :
- Quarante cinq ans avant, un curé a bien baptisé une "Clémentine", je peux bien baptiser une "Noisette" !
Clémentine sidérée par la réponse persifleuse de monsieur le curé, resta sans voix.
- J'ai fait mouche ! Je lui ai cloué le bec ! se dit-il en n'entendant pas de réponse. Il savait qu'elle allait bouder le reste de la journée.

Le jeune vicaire entra en trombe dans la cuisine.
- Hum, cela sent bon ! mademoiselle Clémentine. On mange bientôt ?
Clémentine lui lança son regard le plus noir et s'affaira devant son fourneau sans répondre.
- Ah ! Monsieur le curé, je viens de rencontrer le fils Quatrenoix. Devinez comment va s'appeler sa petite sœur ?
Le curé leva les yeux au ciel et sortit de la cuisine sans répondre.
Le vicaire médusé, bougonna :
- J'ai du manquer un épisode, je sens de l'électricité dans l'air !








Faites connaitre cette histoire :

 



 



Vous êtes :
Indiquez votre adresse mail si vous souhaitez la communiquer à l'auteur (et seulement à l'auteur, elle n'apparaîtra pas sur le site) ? Sinon, laissez vide :


° Recopiez le code suivant :
 
>
*




 

 
histoire gratuite LA FILLE DES QUATRENOIX

 

Noisettes, noix, clémentines.... Que des bonnes choses, il est midi quand j'écris ce commentaire et j'ai faim ! Sinon sympa ton histoire, merci.

 





   
Copyrights...
© tous droits réservés à øø des-histoires.com øø