Rencontrez, discutez et faites connaissance sur Des Histoires...
...
ESPACE AUTEUR (pas encore inscrit)
 
mémoriser     [Mot de passe perdu ?]
écrire une histoire Ecrire une histoire
Faites connaitre ce site :
 

Histoires de 8 jours

Auteur de recits


Récit écrit par Terresansfin.
Auteur femme.    Contacts de l'auteur : filbluzsympaticoca



histoire publiée le 13-02-2011
Catégorie :Humour, Parodies
Histoire 8241-t208

Titre : Histoires de 8 jours

Fable  Dialogue  Etres imaginaires 
 
 

Histoires de 8 jours


Un ver voulait être ami avec un moustique mais ce dernier rechigna en battant de ses ailes et dit qu’il n’en possèderait jamais de si belles et de si légères. Le ver apercevant alors son dard, lui dit qu’il valait mieux rester sans aile et sans poinçon pour le prix d’une fausse amitié.
JOUR 65
Un jour un ver rencontre un oiseau et lui demande s’il peut être son ami. L’oiseau répond qu’un ver ne peut virevolter dans les airs, ni chanter et ne sait pas rigoler. Le ver dit alors que son amitié suffira pour traverser l’océan et braver la pire tempête, pour apprécier le silence et l’immensité du ciel. L’oiseau se dit alors en lui-même : Par quel prodigue une telle pauvreté assure une telle richesse.
JOUR 64
Un ver à une cigale : Devenons amis ! La cigale dit oui mais cet hiver seulement. Le ver demanda à une chenille ; Oui, dit-elle mais au printemps seulement. À une coccinelle ; Non, je suis trop occupée. Puis à un oiseau ; Jamais à moins que vous ayez des ailes. Alors le ver se terra au plus profond du sol en attendant l’hiver, le printemps et l’espoir de voir des plumes pousser. Il faisait noir dans son trou mais il ne s’en rendait pas compte, car il avait maintenant de la lumière dans son cœur. C´est ainsi que par la force des choses, il finit par devenir un beau et luisant ver.
JOUR 63
Un ver à un autre : Devenons amis ! L’autre dit que cela n’était pas possible, car il ne voulait pas être avec un ver sale et petit. Décidément obstiné, le ver changea à l’image de l’autre de sorte qu’il lui ressemblait tant et si bien que l’autre ne le reconnut pas et accepta son amitié. Alors le ver dit en lui-même que, considérant ceci sans négliger cela, il valait mieux avoir un ami sans cœur que pas d’ami du tout, mais qu’un ver nu et pauvre l’aurait emporté.
JOUR 62
Un ver aveugle se retrouva à la croisée des chemins ; au nord un oiseau était sur la voie, (au sud un sale ver), à l’est une coccinelle et à l’ouest une chenille. Il rebroussa chemin en se disant qu’il ferait mieux d’aller se laver. Grand destin que le sien, car au nord c’est la mort qui l’attendait, à l’est un ennemi, et à l’ouest un ami.
JOUR 61
Un ver dit à l’oiseau : Viens et devenons amis ! L’oiseau s’écria : Je ne peux jouer avec toi, car tu ne peux voler, danser et chanter. Le ver répondit : Ton amitié me suffira pour me donner des ailes, un cœur trépignant et des louanges de joie sur les lèvres. Accorde-moi ton amitié et je te montrerai la profondeur des plus anciennes racines du monde.
JOUR 60
Un ver ayant perdu son chemin croisa un crapaud près d’un étang. À la vue du têtard adulte, la joie le saisit, heureux à la pensée de pouvoir regagner le jardin. Il n’eut pas le temps d’articuler un mot, car le crapaud ouvrit grand sa gueule et le goba d’un trait. Une fois dans son ventre, le ver se mit à hurler pour prévenir les autres de ce dangereux vorace, mais ses cris tonnants retombaient en sourdine sous les coassements du batracien rassasié de gagne-pain malhonnête. Voyant que personne sur terre n’entendait ses malheureux cris, il se tourna vers le ciel espérant attirer les anges qui étaient trop occupés pour se préoccuper d’un ver avalé. Avant de mourir asphyxié, le ver se confia alors au silence qui le prit sur ses ailes magistrales et réconforta son âme la seconde même de sa mort. Et dans la vision ultime du silence, il vit le crapaud égorgé, les tripes de son ventre à découvert et les anges satisfaits. Quand il leur demanda où il se trouvait, ils lui indiquèrent du doigt la direction du jardin.
JOUR 59
Une terre farouche s’opposait à toute intrusion. Aucun grain n’y germait, ni herbe ou fleur n’y poussait. On la surnomma la vierge, car elle n’était pas accueillant ou aimable et vous envoyait paître comme des moutons. On eut beau dépêcher des experts, en vain, tous furent recalés et le secret bien scellé. Il y a longtemps quand nous étions vermisseaux, une forte bourrasque surgit et arracha toutes plantes sur son passage – on l’avait appelé un cas de force majeure. Mais pour elle, la perte de ses enfants avait été terrible et depuis, d’horribles cauchemars la hantaient de nuit comme de jour. Sort bien indigne pour une matriarche de ce nom, pour qui la filiation est un bien précieux comme iris à la prunelle. Bienheureusement en certaines nuits elle s’étirait sous le regard tendre de la lune lorsque les brumes vaporeuses drapent l’air nocturne comme les voiles d’un navire se déplaçant subtilement puis retournent à la surface du sol en libérant par myriade une eau allégée de repentir à rosée d’or. La terre s’imprègne de cette manne bienfaitrice, complice de l’aurore. C’est alors que pour la première fois des lucioles sans tutus apparurent, faisant de grandes prouesses aériennes, plongeons et pirouettes, et s’éclipsèrent après trois nuits de spectacle. Lumières terrestres, la vierge émue vit en elles ses petits d’autrefois et une joie infinie pénétra son être. Tout a une fin, le beau comme l’affreux, puisque de ce jour la vierge entièrement en paix laissa émerger racines et semences et croître des plantes qu’on croyait à jamais disparues. La vision de ces magnifiques voltigeurs lumineux sera à jamais gravée dans ma mémoire, dit-elle d’une voix douce. On n’osa pas dire que nous étions de la même famille que ces vers luisants tant on ne voulait pas gâcher le ravissement d’une terre enfin retrouvée.
JOUR 58
Une terre était laissée à elle-même sans aucun ver pour la cultiver. À force de solitude, elle perdit le sens des familiarités et se dit qu’elle serait amie du soleil et du vent seuls. Elle se mit à flétrir rapidement ; sa surface se morcela et devint de plus en plus pâle, son sol fertile se changea en poussière, puis en sable sec. Elle revêtit le manteau des intouchables, n’acceptant que quelques arbustes sombres aux branches tranchantes. Le soleil dardait ses rayons qu’elle laissait pénétrer au fond d’elle-même. Le vent également sollicité, assénait sa surface des coups destinés au sort des mécréants. Elle devint une terre brûlante et entra dans un mutisme total. Hors, loin de là, un ver qui avait quitté le jardin pour faire des études et qui s’était perdu dans ses livres, décida de ramener cette terre ardente à la raison. On sait que les vers, naturellement enclins à la terre, n’abandonnent pas celle qui les a bercés, et ce ver en particulier était d’un curieux disposé aux voyages. Il traversa terres et eaux, monts et vallées, et arriva enfin auprès d’elle – dix ans s’étaient écroulés. Quand il la vit valser si chaleureusement avec vents et soleil, il éprouva un vif frisson d’effroi, mais il dit, s’adressant à la brûlante : Je dois remettre un message à la terre ; sauriez-vous où je peux la trouver ? Étonnée, la terre voulut répondre mais ne sachant plus comment articuler les sons, elle fut sans mot. Le ver posa de nouveau sa question, sans réponse, et tournant le dos, il partit. Il venait et repartait jusqu’au jour où elle dit enfin : Oui, c’est moi ! Il répondit qu’elle ne correspondait pas du tout à la description de celle à qui il devait remettre le message, et tournant le dos, il partit. Une année entière passa durant laquelle la terre s’irrita contre le vent qui soufflait trop fort pour entendre le ver parler, et aussi contre le soleil qui l’empêchait le voir son visage et lui demanda de faire un peu d’ombre ; elle reprenait petit à petit ses couleurs. Je n’ai jamais douté de votre bonne foi, dit le messager. Et prenant la lettre de son ami arbre, écrite avant son départ du jardin, il commença à lire.



Faites connaitre cette histoire :

 



 



Vous êtes :
Indiquez votre adresse mail si vous souhaitez la communiquer à l'auteur (et seulement à l'auteur, elle n'apparaîtra pas sur le site) ? Sinon, laissez vide :


° Recopiez le code suivant :
 
>
*




 

 
histoire gratuite Histoires de 8 jours

Soyez le premier à donner votre avis, après lecture, sur cette histoire...





   
Copyrights...
© tous droits réservés à øø des-histoires.com øø